mardi 14 avril 2009
La culture comme contre-partie de la nature
La culture désigne donc l'ensemble des manières de faire, de penser et de sentir spécifiques aux membres d'une société. La culture se définit aussi par un ensemble hiérarchisé de valeurs qui orientent l'ensemble des comportements des individus.
Extrait de Le fondement culturel de la personnalité, Ralph LINTON, Dunod, 1967, traduction française de The cultural background of personnality, 1945:
"Le terme de culture, tel qu'on l'emploie dans les études scientifiques, ne comporte aucune résonances laudatives qui s'attache à son usage populaire. Il se rapporte au mode de vie global d'une société, et non pas seulement au mode de vie particulier que cette société considère comme supérieur ou plus désirable. Si, par exemple, on applique le mot à notre mode de vie, la culture n'a rien à voir avec le fait de jouer du piano ou de lire du Robert Browning. Pour les sciences humaines, de telles activités ne sont que des éléments de de la culture considérée comme une totalité. Cette totalité comprend aussi bien d'humbles occupations comme faire la vaisselle ou conduire une automobile [...]. Il s'ensuit qu'aux yeux des sciences humaines, il n'y a pas de société, ni même d'individu « inculte » (uncultured). Toutes les sociétés ont une culture, aussi simple qu'elle puisse paraître, et tous les être humains sont « cultivés » (cultured), en ce sens qu'ils participent toujours à quelque culture."
Culture globale et sous-culture
Parler de sous-culture suppose deux choses:
- les comportements au sein du groupe social sont relativement homogènes,
- les comportements et systèmes hiérarchisés de valeurs sont bien distincts de ceux de la culture globale.
Extrait de La culture du pauvre, , 1958:
" Vivre au sein d'un milieu populaire, c'est, aujourd'hui encore, appartenir à une culture différente diffuse qui n'est pas moins contraignante et élaborée que celle qui caractérise les classes supérieures. Un ouvrier, accumulerait assurément les pataquès et les gaffes s'il devait assister à un souper collet-monté, mais, s'il devait vivre au milieu des gens du peuple, un grand bourgeois trahirait aussi sûrement sa gaucherie par ses manières de parler – c'est-à-dire aussi bien par son débit que par ses sujets de conversation ou ses tournures de phrases -, par sa façon de se servir de ses mains, par sa démarche ou son maintien et jusque dans sa manière de commander des boissons ou de proposer une tournée. Pour se persuader de la spécificité de la culture populaire, il suffit de songer à ces milliers de détails qui typent un style de vie, par exemple aux modèles de comportement qui régissent les mœurs vestimentaires."
mardi 7 avril 2009
Acculturation
Le processus dit "d'acculturation" se déroule en 3 étapes:
· un processus de sélection (les traits culturels sont empruntés à l'autre groupe)
· un processus de réinterprétation (les traits culturels empruntés sont transformés et adaptés au nouveau contexte)
· un processus de restructuration (la réinterprétation des modèles culturels étrangers implique une restructuration de tout le système culturel)
La culture d’un sous-groupe ou d’une société peut se définir par l’ensemble hiérarchisé de valeurs qui le singularise. Ces idéaux collectifs changent notamment lorsque l’ensemble est durablement au contact d’un groupe social à la culture distincte. S'accomplit alors le processus d’acculturation qui n’a pas besoin de bouleverser fondamentalement les traits culturels d’origine mais favorise leur évolution ou leur enrichissement.
On le voit ici, l’acculturation définit l’emprunt et la réinterprétation de traits culturels d’un autre groupe social.
Extrait d'Histoire des pensées sociologiques, JP DELLAS, B MILLY, 2005:
"Le conseil de la recherche en sciences sociales des Etats-Unis créée en 1936 un comité sur ce thème. […] il publie un célèbre mémorandum sur l’acculturation, qui souligne les trois issues possibles de l’acculturation :
- L’adoption : un des deux groupes admet la culture de l’autre, l’assimilation a lieu mais elle peut aussi résister, elle continue alors à imprégner les comportements ;
- La combinaison : une nouvelle culture peut naître de la confrontation, elle sera une synthèse ou une configuration éclectique adaptable selon les comportements et les situations ;
- La réaction : à cause de l’oppression ou de conséquences imprévues au contact interculturel, des mouvements de contre-acculturation, c’est-à-dire un refus actif, peuvent se produire."